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Un regard, avec un peu d'anxiété, sur la société

Je dors braves gens

Oeuvre de Van-Goyen 1634

Quand on aura atteint le point de non-retour,

Quand il sera trop tard pour faire un demi-tour ;

Que dira-t-on à nos enfants, nos légataires ?

Ce n’est pas moi qui ai cassé la planète Terre.

 

Nous le savons, nous modifions notre climat,

Un scénario catastrophe comme au cinéma

Est à prévoir, pourtant personne ne s’en inquiète.

Je dors braves gens, sous ma couette chaude et bien douillette.

 

Demain c’est loin, on a le temps de voir venir,

Pourquoi changer, ça peut encore se maintenir,

Avec la chance, ça s’arrangera sûrement tout seul.

Je dors braves gens, sous mes draps blancs comme un linceul.

 

Ou d’ici là, une solution apparaîtra,

Qui ne dérange en rien et l’on s’en remettra,

Pourquoi vouloir être affolé et malheureux ?

Je dors braves gens, du sommeil lourd des bienheureux.

 

Qu’y pouvons-nous, ce péril ne date pas d’hier,

Autant vider un océan à la cuillère,

De plus personne n’en est vraiment le responsable.

Je dors braves gens, je suis en paix et loin du diable.

 

C’est le progrès, le vrai coupable, c’est évident,

Ce n’est pas moi ou alors c’est un accident,

Une négligence au pire peut-être, ou deux fois rien.

Je dors braves gens, l’esprit serein et aérien.

 

Je rêve parfois d’un éden vert où coule l’eau vive,

Je rêve souvent d’une terre stérile, sans âme qui vive,

Je rêve courir à ma perte, à ma propre fin.

Réveillez-moi, il est grand temps d’agir enfin.

Portrait par Elisabeth Vigée-Lebrun chateau de Versailles

 

Ne t’en fais pas, chère Antoinette,

 

Pour toi sonne l’heure de la retraite, chère Antoinette ;

De ton passé il faut que tu fasses une place nette :

Tu dois savoir que ce départ n’est pas une fin

Mais un début où tes rêves sont permis enfin.

 

C’est à son heure une véritable révolution,

Un trouble sans nom dont on ignore l’évolution

Et l’on se sent comme passé à la moulinette ;

Ne t’en fais pas, tout ira bien, chère Antoinette.

 

L’heure fatidique nous transporte dans une morne plaine,

D’où l’écho hue qu’il vaut mieux fuir à perdre haleine,

Si l’on ne veut pas connaître une fin tristounette ;

Ne t’en fais pas, le jour renaît, chère Antoinette.

 

Cette heure ressemble à un procès perdu d’avance,

Tous les partis, contre toi sont de connivence,

Pour que tu quittes leur univers et leur planète ;

Ne t’en fais pas, le monde t’attend, chère Antoinette.

 

Parfois cette heure s’annonce comme le glas du trépas,

Une montée lente vers l’échafaud à petits pas

Ou une descente vertigineuse aux oubliettes ;

Ne t’en fais pas, on en revient, chère Antoinette.

 

Quand arrive l’heure et que d’un coup tombe le couperet,

Des décennies s’effacent d’un trait, qu’il faut tirer,

C’est une part de notre existence qui s’arrête net ;

Ne t’en fais pas, garde la tête froide, chère Antoinette.

 

La retraite, c’est une vision neuve à exploiter :

Ton Trianon tu vas pouvoir en profiter ;

Gérer tes actes et oublier les marionnettes ;

Donner vie à tes songes enfouis, chère Antoinette.

 

                                                                                     Une histoire sans fin,

Dans tes pas, cher papa, j’ai mis mes petits pas,

J’ai suivi ton chemin et appris dans tes pas ;

Pour ne pas te freiner je forçais sur mes pas :

Te perdre ou m’égarer, je ne le voulais pas.

 

Puis mon pas a grandi ; sans attendre à demain

J’ai voulu marcher seul et j’ai pris mon chemin,

En passant devant toi, te laissant derrière moi,

Je t’ai dit : j’avance et c’est sans toi, excuse-moi !

 

Nos pas se sont croisés et pris le même chemin,

Depuis nous avançons à deux, main dans la main,

Tous deux nous franchissons les obstacles de chaque jour,

Tous deux nous nous aimons un peu plus tous les jours.

 

À deux nous avons fait des enfants merveilleux ;

Avec eux nous avons été très pointilleux

Surtout pour qu’ils apprennent à faire leurs premiers pas

Et découvrent les chemins de la vie pas à pas.

 

Ils ont pris notre exemple et le rythme de nos pas

Et se sont empressés de changer de compas

Pour tracer le chemin de leur choix vers l’avenir,

Nous laissant en arrière avec nos souvenirs.

 

Aujourd’hui je surveille, pour qu’ils ne trébuchent pas,

Les petits des petits, derrière leur cher papa,

Quand ils trottent, à leurs pas, pour suivre le bon chemin ;

Il m’arrive d’avoir peur pour eux mais c’est humain.

 

Le chemin du destin est marqué de nos pas

Et ne cesse de grandir, cela n’en finit pas ;

C’est l’histoire, au fur et à mesure, qui s’écrit,

Cette histoire est sans fin, le moindre pas s’inscrit.

Un jour la tolérance,

Inspiré du yin et du yang : réflexion sur les habitants des cinq continents dans l’infiniment grand ou petit.

 

J’aimerais qu’un jour, il n’y ait plus d’indifférence,

J’aimerais qu’un jour, on s’indiffère des apparences,

J’aimerais qu’un jour, on revendique la différence,

J’aimerais qu’un jour, on fête ensemble la tolérance.

 

 

Un mois d’automne, c’est un bon choix, c’est une saison

Forte d’expériences, pleine de sagesse et de raison,

Qui se souvient de l’âge tendre de la floraison,

Qui a l’hiver, froid et dur dans son horizon,

Qui garde encore de sa jeunesse toutes les couleurs :

Du vert pistache, clair, fragile et plein de pâleur,

En passant par le vert chartreuse, très enjôleur,

Au vert émeraude, riche de vigueur et de valeur ;

Auquel s’ajoutent dans une palette très nuancée

Des tons pour dire que le temps est bien avancé,

De jaune, de rouge, qui finiront par s’effacer,

Mais qui nous offrent l’harmonie d’un style balancé.

 

 

J’aimerais qu’un jour, il n’y ait plus d’indifférence,

J’aimerais qu’un jour, on s’indiffère des apparences,

J’aimerais qu’un jour, on revendique la différence,

J’aimerais qu’un jour, on fête ensemble la tolérance.

 

 

La fin septembre, mois des lumières, pourrait convenir,

Nous avons tous ses beautés dans nos souvenirs,

Pour ses lueurs d’une profondeur à définir,

Et d’une douceur, qu’on voudrait toutes les retenir ;

Pour sa tiédeur ; nous ne sommes plus dans les chaleurs

Qui brûlent la peau et pour le froid ce n’est pas l’heure,

Il reste encore des jours heureux, ensorceleurs,

Pour apprécier et oublier tous nos malheurs.

Un beau dimanche pour faire la fête, c’est mérité,

C’est la fin d’une période pleine de maturité,

Et le début d’un nouveau temps, en parité.

Un exemple de compromis, sans ambiguïté.

 

 

J’aimerais qu’un jour, il n’y ait plus d’indifférence,

J’aimerais qu’un jour, on s’indiffère des apparences,

J’aimerais qu’un jour, on revendique la différence,

J’aimerais qu’un jour, on fête ensemble la tolérance.

 

La farandole des matous

Oeuvre de Pierre-Auguste Renoir le déjeuner des canotiers

Une farandole, pour faire la fête, c’est mieux qu’une ronde,

Prenez la main de la voisine la plus gironde,

Emmenez-la, dans le cortège qui déambule,

C’est très facile, pas besoin d’être un funambule.

Nous sommes tous là pour faire les fous, nous amuser,

Bien rigoler, et des bonnes choses, en abuser,

Tout en sachant bien nous tenir en société,

Pour que tout reste dans la joie et dans la gaieté.

 

Et c’est parti, pour une soirée sans préambule,

Et c’est parti, pour une longue nuit de noctambules,

 

Tous vos tracas, oubliez-les, on fait la noce,

Pas de souci, on laisse pisser le mérinos,

Pour l’heure tout est à la babiole, la bonne humeur,

Les cabrioles : c’est un instant, pour les charmeurs.

Belle demoiselle, faites attention, ou laissez faire,

Tous les matous sont à l’affût d’une bonne affaire,

Si vous êtes sage, laissez lui croire qu’il doit attendre,

Vous ne l’êtes pas, arrangez-vous pour le surprendre.

 

Et c’est parti, pour une soirée sans préambule,

Et c’est parti, pour une longue nuit de noctambules,

 

La décision vous appartient, dans tous les cas,

Rassurez-vous, nous serons tous très délicats,

Respectueux des bonnes manières, mais décidés,

À vous convaincre, à vous amener à nos idées.

La vie est courte, sachez mignonne en profiter,

Prenez les rênes de l’événement, avec doigté,

Et faites en sorte, que vos attentes soient remarquées,

Ils fondront tous, du gentleman au baraqué.

 

Et c’est parti, pour une soirée sans préambule,

Et c’est parti, pour une longue nuit de noctambules,

 

À vous messieurs, transportez-les, jusqu’au matin,

Créez le rêve, avec un peu de baratin,

Ces moments-là sont peu nombreux, c’est du bonheur

Sachez-y faire, sans jamais être enquiquineurs.

Elle ne consent ? Recommencez, au tout début,

Changez de main, tout est permis, sans trop d’abus,

Ça arrivera, pas besoin d’être un grand prophète,

Pour le savoir, on est ici, pour faire la fête.

 

 

Et c’est parti, pour une soirée sans préambule,

Et c’est parti, pour une longue nuit de noctambules,

Et nous restons, dans le cortège qui déambule,

Accrochez-vous, pas question de coincer la bulle.

 

On continue pour faire la fête avec une ronde,

La poule, la chouette, le paon et le renard,

 

Pour la poule, rien ne va, elle craint pour son bien-être,

Elle ne voit que tracas à travers sa fenêtre :

Le ciel est triste et noir, la terre est sèche et dure,

De plus en plus de choses, pour survivre, elle endure,

Le toit du poulailler laisse passer l’eau de pluie,

Elle se sent oppressée, son espace se réduit,

Elle côtoie un monde fou et même des étrangers,

De plus elle aimerait plus de grains à manger.

 

Elle en parle à la chouette, que l’on dit clairvoyante,

Sa logique, sans détour, peut paraître dérangeante,

Mais elle est implacable, le ciel en est témoin.

Elle détient un savoir qui lui vient de très loin.

Elle écoute, puis conseille : d’agrandir le foyer

En fonction des besoins pour que tous soient choyés,

De changer la toiture pour bien être protégés,

D’avoir une nourriture moins riche et allégé.

 

Ce qui ne convient pas à notre volatile

Qui estime ces propos tout à fait inutiles,

En effet, ce n’est pas à elle de concevoir

Ces choses-là, ces travaux ne sont pas ses devoirs.

 

Le paon vient devant elle lui montrer sa belle roue ;

Pour avoir l’attention, il enlève son courroux,

Confirmant et disant tout ce qu’elle veut entendre.

Peu importe ce qu’il dit, il veut plaire et surprendre.

C’est facile, il suffit de quitter la basse-cour,

Lui dit-il sérieusement, tu n’as que ce recours ;

Tu trouveras, à ton aise, mieux ailleurs sans problème

Tu seras plus heureuse, c’est certain et moins blême.

 

Elle sait bien que ce bel emplumé n’est pas fiable

Que ses dires ne sont ni exacts ni vérifiables.

Pour avoir bonne conscience, ça l’arrange de le croire,

Même si elle garde ses doutes ; elle a un peu d’espoir.

 

En dehors de la ferme, elle jette un œil curieux

Et elle croise le regard du renard malicieux.

Il est là, aux aguets, pour saisir l’occasion

D’obtenir facilement une petite collation.

Sans complexe il invite, notre amie, à sa table

En prenant les bonnes formes pour paraître respectable ;

Elle le suit docilement, sûr de faire un festin,

Sûr de faire le bon choix pour changer son destin.

 

Elle comprit un peu tard, quand elle fut déplumée,

Qu’elle donnerait, au potage, son jus et son fumet.

Elle s’en veut d’avoir cru en tous ces beaux parleurs

Qui ne pensent qu’à eux-mêmes et ont fait son malheur.

Elle se dit, alors qu’elle agonise et se meurt

J’aurais dû, sans pleurer, agencer ma demeure

Au lieu de caqueter et me plaindre à tous vents.

À vouloir, tout pour rien, on perd tout, très souvent.

Où va-t-on, nom de Dieu ?

Oeuvre : Edouard Manet

Où va-t-on, nom de Dieu ? La terre ne tourne plus rond

Il est temps d’alerter, de jouer du clairon :

Nous marchons sur la tête et allons dans le mur,
Tête baissée on y va, en forçant sur l’allure.

 

Autrefois l’eau était abondante et limpide,

Aujourd’hui, nous buvons, en bouteille, ce liquide

Et trouvons ce concept sanitaire et logique ;

Pire encore, nous payons pour cela : c’est tragique.

 

Autrefois, l’air était pur sans être épuré,

Aujourd’hui, nous filtrons ce gaz pour respirer

Et trouvons qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter ;

Pire encore nous faisons comme si de rien n’était.

 

Autrefois notre terre offrait des produits riches

Aujourd’hui, on veut plus, on la dope et on triche

Et trouvons naturel de manger sans saveur ;

Pire encore nos fruits et légumes sont sans valeur.

 

Autrefois les espèces animales foisonnaient

Aujourd’hui, le déclin du vivant a sonné

Et trouvons ce constat triste mais à modérer ;

Pire encore on l’estime gênant, sans intérêt.

 

Autrefois, la nature était en harmonie

Aujourd’hui, par nos actes, elle est à l’agonie

Et trouvons des excuses de toutes sortes pour ce mal ;

Pire encore, on explique que cela est normal.

 

Autrefois Dieu chassa, l’homme de son paradis,

Aujourd’hui, c’est l’enfer qui nous donne un crédit

Et trouvons inutile d’implorer à genoux ;

Pire encore nous pensons que le monde est à nous.

Attention aux blaireaux,

Oeuvre de Eugéne Delacroix

Attention au blaireau, l’animal est spécial,

Il ne faut pas se fier à son air provincial,

Aux seuls mots : « tous ensemble, tous ensemble, oui, oui, oui, »

Il s’anime, il s’affaire et il s’en réjouit.

 

Il existe : le blaireau bon enfant, solidaire,

Toujours prêt, dévoué, son aide est légendaire ;

Il sort de sa glacière la bière et les brochettes,

Qu’il partage sans façon et qu’il mange sans fourchette.

 

- Le blaireau engagé est un peu turbulent,

Toujours prêt, il défile dans les rues en hurlant ;

Il sort de son armoire, haut parleur et banderoles,

À défaut, s’il le faut, il frappe sur des casseroles.

 

- Le blaireau partisan, pense être un bon apôtre,

Toujours prêt à semer la panique chez les autres,

Il sort de son dépôt les pneus et les barrières,

Imposant en grognant sa loi et sa bannière.

 

- Le blaireau énervé qui recherche l’affrontement,

Toujours prêt aux conflits pour créer l’événement,

Il sort de son garage le casque et la cagoule,

Son but est de causer la déroute dans la foule.

 

- Le blaireau révolté, va-t-en-guerre et borné,

Toujours prêt au combat, il est très acharné ;

Il sort de son grenier la poudre et le canon

Qu’il use dès qu’il le peut, pour un oui ou un non.

 

- Le blaireau carriériste a des vues pas très saines,

Toujours prêt à pousser ses collègues sur la scène ;

Il sort de son bureau la carte de son parti

Et fantasme sur la place qui lui est imparti.

 

Attention aux blaireaux, certains sont respectables

Mais on trouve également un tout-venant détestable,

Il est temps et utile de fixer les frontières

Si on ne veut pas faire sauter la poudrière.

Jérusalem, sans frontière,

Oeuvre de Claude Gellée dit le "Lorrain"

 

J’ai vu Jérusalem déchirée et en larmes :

Les gens qui y habitent discutent avec des armes,

Ils veulent s’approprier, son symbole, son histoire,

Lui planter un drapeau, en faire un territoire.

 

J’ai vu Jérusalem, par une nuit sans étoiles,

Perdue dans le désert, les yeux bandés d’un voile,

Ne sachant où aller, seule, comme une âme en peine

Et n’ayant devant elle qu’une issue incertaine.

 

J’ai vu Jérusalem sous le poids de sa croix,

Crier sa souffrance et supplier qu’on la croie,

Pour que s’arrêtent les crimes, pour qu’elle sorte de la haine,

Qu’elle retrouve une vie sans violence, plus humaine.

 

J’ai vu Jérusalem espérer l’aide d’une main

Qui puisse la secourir, sans attendre à demain,

Pour lui faire oublier sa misère, sa douleur,

Son désespoir sans nom et son immense malheur.

 

Je rêve Jérusalem riante dans la lumière

Avec la même gaieté qui l’animait hier,

À son époque glorieuse, quand elle était prospère,

Quand ses enfants étaient fiers d’elle et de leurs pairs.

 

Je rêve Jérusalem, dans la sérénité

Partager le bon pain en toute fraternité ;

Unie pour chanter dans la joie et l’allégresse,

Cajolant son peuple et rejetant la détresse.

 

Je rêve Jérusalem, capitale de la paix,

Libre de toute pensée, vivant dans le respect ;

Qui appelle les êtres à s’unir dans la prière ;

Montrant au monde entier qu’elle n’a aucune frontière.

Prométhée,

Oeuvre : Jacob Jardaens

 

Une légende nous raconte : il y a très longtemps

Les dieux grecs détrônèrent, par la ruse, les Titans

Qui étaient querelleurs, cruels et irascibles,

Qui bougeaient les montagnes et étaient invincibles ;

Puis régnèrent à leur place sur terre et dans les cieux

Ils vivaient sur l’Olympe ; un domaine délicieux.

Les humains, sous leur joug, devaient les honorer,

Ils étaient devant leur toute-puissance timorés.

Par vol et trahison, ils ont eu le savoir

Et petit à petit augmentèrent leurs pouvoirs,

Par la science et les arts, ils se sont anoblis ;

Et leurs maîtres tombèrent dans le « Tartare » de l’oubli.

 

Promettez, vous, les sages, de rester responsables

Pour que notre aventure ne devienne pas une fable,

Pour que ne disparaisse pas notre société ;

Souvenez-vous du géant qui s’appelait Prométhée…

 

Une légende leur raconte : il était une fois l’homme,

Tout puissant, qu’il avait fait du monde son royaume,

Qu’il était belliqueux, borné et prétentieux,

Qu’il avait le contrôle de la terre et des cieux.

Pour soigner son bien-être et pouvoir s’amuser

Il créa la machine, sans rien se refuser,

La faisant performante, toujours plus efficace,

Toujours plus ingénieuse, autonome, perspicace,

Il la fit pour qu’elle puisse résonner et parler.

Il était sûr que rien ne pouvait l’égaler,

Il était sûr que tout existait pour son gré ;

Son orgueil se trouvait au plus haut des degrés…

 

Il y a un danger à ne rien vouloir voir.

Il y a un danger à ne pas le prévoir.

Il y a un danger à agir sans penser.

IL y a un danger d’oublier le passé.

Florimond,

 

Je connais un artiste, il peint et il écrit,

Il observe la nature et il aime la décrire ;

Le long des plages du nord, il se promène souvent,

Quelle que soit la saison, sous la pluie ou au vent.

 

Il a un sac à dos et tout son matériel,

Toujours prêt à saisir : une lueur dans le ciel,

Un reflet sur l’eau ou, la nuance d’un gris pâle ;

Toutes les couleurs qu’on trouve, ici en côte d’opale.

 

Sa chienne n’est jamais loin, c’est son amie fidèle,

La truffe en l’air elle chasse ; lui, regarde un modèle,

Elle voudrait un gibier, il cherche ses coloris,

Tous deux ont leurs secrets et des coins favoris.

 

Parfois vous le verrez, assis sur un rocher,

Immobile, l’air lointain ; il sait se décrocher,

De la réalité, oublier ses contraintes ;

Il passe les portes du rêve pour soulager ses craintes.

 

Il a la nostalgie, des choses vraies et utiles,

Il fuit le mauvais goût et ce qui est futile,

S’interroge sur les points qui lui sont essentiels,

S’étonne de l’intérêt pour le superficiel.

 

C’est un grand solitaire, mais il est convivial,

Il apprécie les pintes, si l’endroit est cordial,

Comme ces estaminets sortis d’un autre temps,

Qui ont une âme et qui ressemblent aux habitants.

 

Si vous passez par là, contemplez l’horizon,

Vous le verrez peut-être, marcher dans les buissons,

Au détour d’un chemin ou au sommet d’un mont ;

S’il vous croise, dites bonjour, à l’ami Florimond.