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Un oeil malicieux vers les cieux

Jean XXIV

J’attends impatiemment, Jean le vingt-quatrième,

Pour reprendre le flambeau, de Jean le vingt-troisième,

Celui qui a osé, dépoussiérer sa sphère,

Apporter un air frais, raviver l’atmosphère.

 

Qu’on puisse parler de sexe, sans être excommunié,

Nous sommes conçus ainsi, à quoi bon le nier,

Il fait un tout avec notre enveloppe corporelle,

Pourquoi vouloir l’enlever ? Il nous est naturel.

 

Qu’il ne soit plus honteux, d’apprécier les plaisirs,

De chercher le bonheur, d’assouvir ses désirs ;

Pour ça nos sens s’éveillent, ils sont à l’unisson,

Pourquoi être insensible, à tous ces chauds frissons ?

 

Qu’on puisse enfin s’aimer, juste pour la volupté,

Et n’avoir librement que des actes acceptés,

Tout en se préservant, des risques et des surprises ;

Pourquoi le refuser ? On en a la maîtrise.

 

Qu’il soit normal qu’un prêtre, vive, s’il le veut, marié,

Et qu’il ait des enfants, sans en être contrarié,

En quoi est-ce dérangeant ? Changeons-les, ces critères,

Pourquoi le célibat serait il salutaire ?

 

Qu’on puisse, derrière l’autel, voir la messe célébrée

Par une femme ordonnée, sans dire ou palabrer,

Trouver ce fait logique, ne pas s’en émouvoir ;

Pourquoi n’auraient-elles pas, les mêmes droits et pouvoirs ?

 

Peut-on imaginer, la médecine trépaner,

Comme au temps d’Hippocrate ? Elle serait condamnée.

Des traditions d’antan, faut-il tout adopter ?

Pourquoi la religion ne pourrait s’adapter ?

Si j'avais un troupeau,

Si j’avais un troupeau, si j’étais un berger :

Je guiderais mes brebis dans un lieu sans danger,

Pour elles je chercherais cet endroit, sans repos,

J’en ferais un royaume et planterais un drapeau.

 

Je trouverais cet alpage, sans aucune mauvaise herbe

N’ayant que de bonnes plantes, aucune folle ou acerbe,

Bien grasses et nourrissantes, pour qu’elles passent tous les âges

De la vie sans problème, sainement, sans dérapage.

 

Je tracerais des chemins rectilignes, sans ornière.

Pour qu’elles ne s’égarent pas, je mettrais des glissières.

D’arrache-pied, je mènerais, sans attendre à demain,

Ces travaux et prendrait mon courage à deux mains.

 

Je poserais des barrières devant chaque précipice,

Pour qu’elles aient un domaine rassurant et propice ;

J’enlèverais tous les pièges, guêpiers ou souricières,

Toutes ces bûches à risques ou pire encore, meurtrières.

 

J’installerais des remparts très hauts et très épais

Pour qu’elles soient à l’abri, dans le calme et la paix,

Loin de tout prédateur qui voudrait, de nulle part,

Surgir pour leur nuire ou les emmener autre part.

 

Je panserais les blessures, guérirais les malades,

Je traiterais contre les parasites, la peuplade ;

Tout serait impeccable sans une seule moisissure ;

Toutes seraient insensibles à toute sorte de morsure.

 

Si j’avais un troupeau, si j’étais un berger

Je serais avec lui, dans le groupe, immergé,

Et serais à l’écoute, curieux de ses propos ;

Son odeur ruissellerait par les pores de ma peau.