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L'épicurien

Dans le froid de la ville et le gris du béton,

Je rêve : vivre sur une île, de compter mes moutons,

Regarder le soleil, l’océan et le ciel,

Observer les merveilles comme l’est un arc-en-ciel,

L’admirer sans bouger pour bien tout nuancer

Et laisser s’immerger, dans ses rais, ma pensée.

 

Dans le bruit du trafic, des moteurs qui se lancent,

Je rêve : du Pacifique, de son monde du silence,

Du chant de la baleine qui cherche un partenaire,

Sans jamais perdre haleine, parmi ses congénères ;

Apprécier l’éloquence de l’appel amical,

Distinguer la fréquence de ses notes musicales.

 

Dans les gaz d’échappement et les suies organiques,

Je rêve : d’un grand gréement sans soutien mécanique,

Ne voguant qu’à la voile en bravant toutes les mers

Et suivant les étoiles sur les routes d’outremer ;

Me placer à l’avant pour gonfler les poumons,

Et sentir dans le vent l’odeur du goémon.

 

Dans la mode frénétique, pour les filles squelettiques,

Je rêve : d’Ève, femme mythique mais qui m’est sympathique,

Et refuse l’esthétique de tout corps en plastique

Dont les courbes érotiques ne sont plus authentiques ;

Je suis plus que sceptique et deviens très critique

Sur ces goûts synthétiques ; cela est pathétique !

 

Dans le style du langage des octets et pixels,

Je rêve : faire un voyage, pour ramener l’étincelle

Qui échappe aux rencontres sur ces sites virtuels ;

J’ai besoin, moi par contre, de contacts bien réels,

Pas besoin de connaître une armée de fantômes

Mais seulement quelques êtres faits d’esprit et d’atomes.

 

Je veux prendre l’essentiel, le meilleur de la vie

Et rester sensoriel à l’affût des envies,

Je veux prendre tout mon temps pour ne pas négliger

Le détail important qui pourrait m’affliger,

Je veux prendre tout mon temps, m’arrêter de courir,

Pour jouir des instants de bonheur et de rires.